Sélectionné Par buveurs d'encre -- 28 septembre 2009

"Je lui ai baisé la main, et elle m'a interrogé, ses yeux maintenant ardoise, agrandis dans son visage, qu'elle tient incliné en avant."
in La princesse et le président (titre provisoire ?)
Un jour peut-être, j’en aurai marre d’être libraire. Cela veut dire qu’un jour, il faudra que je me cherche un nouveau boulot. Editeur, cela me tenterait assez, mais éditeur à l’ancienne, hein, avec des livres roulés à la main sous les aisselles, genre Attila ou Cambourakis (*). Cela dit, je ne suis pas sûr de faire aussi bien qu’eux. Sans compter qu’il me faudra faire la tournée des libraires, et il suffit de les faire boire un peu, les (petits) éditeurs, pour qu’ils se lâchent et vous fassent comprendre que ce n’est pas tous les jours une partie de plaisir. Car des libraires doux et gentils, comme votre serviteur, il y en a, mais pas autant que de malappris, à ce qu’il paraît.
Pas grave, parce que si cela ne marche pas l’édition, si les libraires me jettent des pierres, eh ben j’ai déjà un plan B. Je vous le donne en avant-première mais c’est bien parce que c’est vous : je serai chercheur de titres. Ne riez pas, je suis sûr qu’il y a un marché. La preuve en chiffres :
« Mort aux cons ». 51 exemplaires en poche vendus depuis le début de l’année, après une belle carrière en grand format. « Je suis mort, qui dit mieux ? » une trentaine d’exemplaires lors de sa sortie en 2006. Points communs de ces deux livres : des auteurs inconnus ou presque, peu ou pas de presse, … mais LE titre qui marque. Les romans en eux-mêmes ? Des livres sympas (**), qui se lisent avec plaisir (je les avais d’ailleurs à l’époque gratifiés d’une note de lecture), mais bon, rien qui justifie un tel engouement. Parce que 50 exemplaires, aux Buveurs d’Encre ce n’est pas rien, il y a à tout casser quinze romans à atteindre ce score chaque année.
Et tout cela à cause du titre, vous ne m’enlèverez pas cela de l’idée. Reste à la faire fructifier, cette idée. Tiens, je vais commencer par aller proposer la botte au diffuseur Interforum. Vu que cette boîte est prête à tout et n’importe quoi pour se faire un peu plus de pognon (***), cela me semble le bon client. Un petit tour sur leur site et me voici rassuré. Aucune offre d’emploi dans l’éditorial mais quatre dans le commercial (négociateur grandes surfaces, pour ceux qui seraient à la recherche d’un truc). Pas de doute, je suis à la bonne adresse. On est entre gens sérieux. Le temps de m’acheter une belle cravate et le costume qui va bien avec, et je vais frapper à la porte de Madame Interforum avec le concept qui tue. Je vois cela d’ici…
__« Avec la TNT, faites exploser vos ventes ! »__
T comme titre / N comme note / T comme table. ++La promesse :++ un titre fort, c’est une place assurée sur la table du libraire, et plus de chance d’avoir une note de lecture ! Donc plus de ventes… C’est fin, c’est raffiné, cela devrait plaire.
C’est quoi, un titre fort, me dites-vous ? Naïfs que vous êtes… Vous croyez que je vais vous livrer cela à l’œil et plomber mon boulot-de-dans-dix-ans ? Parce que maintenant que j’ai trouvé la formule magique, j’ai bien l’intention de me faire un blé monstre en animant moult séminaires rémunérateurs auprès des chargés de communication d’Interforum et d’ailleurs. Vous insistez ? OK, disons juste qu’un peu de mystère et/ou de cul ne peut pas nuire. Faut du teaser, coco. Prenez le prochain Dan Brown, par exemple. Cela a failli s’appeler « La clé de Salomon ». Finalement, ce sera « le symbole perdu ». Convenez que c’est meilleur…
A ce propos, je crains le pire pour le prochain opus de Valéry Giscard d’Estaing (****), dont j’ai eu le privilège de lire quelques extraits à midi dans le Figaro et qui paraîtra le 1er octobre aux éditions XO. Le lecture des quelques extraits distillés par le Figaro convaincra le lecteur le plus fruste qu’il est bien en face d’un authentique chef-d’œuvre.
« Je suis rentré à l’Elysée et j’ai monté les marches du perron, la tête en feu et le cœur étincelant de bonheur (…). Je me suis levé et j’ai reculé ma chaise pour permettre à la princesse de Cardiff de s’asseoir. Elle m’en a remercié d’un de ces regards obliques qui me faisaient ressentir tout son charme » (*****)
On frémit à l’idée que ce texte éblouissant puisse ne pas rencontrer son public, par la faute d’un titre (La princesse et le président) dont la banalité rend mal hommage à l’époustouflante prose giscardienne… et à la gaillardise toute gauloise du propos. Je vous le fais en deux mots. Il est français, président de la République et divorcé. Elle est princesse de Galles. Ils vont s’aimer comme des bêtes…
C’est de la bombe, ce truc. Bill et Monica Lewinsky, à côté, c’est l’Ile aux enfants. Et tout ce que l’éditeur trouve à proposer comme titre, c’est « La princesse et le président ». Pourquoi pas la Grenouille et le Rosbeef pendant qu’on y est ? Je suis persuadé qu’on peut faire mieux que cela. L’entente charnelle ? Mouuii. Mais non. Tunnel of love ? Trop connoté, et déjà pris.
N’empêche que La princesse et le président, on ne peut pas laisser passer cela, il y va de l’honneur national. Alors tous à vos feuilles et vos crayons et souvenez-vous. Le titre, c’est ça l’important, le reste est littérature. Quoique, à la réflexion, pas toujours.
(*) Deux petits éditeurs qui n’en veulent, déjà prêts à entrer dans la cour des grands
(**) Voir sur ce même blog, S comme sympa.
(***) Les bandeaux « satisfait ou remboursé » sur les poches cet été, c’est eux. La grande classe, quoi.
(****) Célèbre accordéoniste du siècle dernier, contemporain d'André Verchuren. Egalement créateur du parc d’attraction Vulcania dit le "Giscardoscope".
(*****) Je n’invente rien. Voir le Figaro daté du 21-09-2009, page 2
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Sélectionné Par buveurs d'encre -- 21 septembre 2009

Norbert est un mec sympa, qui lit un livre sympa, dans un décor et une position tout aussi sympas.
Malgré un entraînement de kamikaze, une formation de haute volée, une expérience de mercenaire et/ou un aplomb naturel, il nous arrive toujours de glisser sur une peau de banane et de se faire voir pour la énième fois par un truc vieux comme le monde : impossible d'effacer de mon visage ce grand sentiment d’interlocation (je sais ça n’existe pas ce mot-là , c’est dire le niveau), entre l’incompréhension et la surprise, genre la face de poisson sur l’étal du marché, lorsque l’on vient me demander un « livre sympa ». Je devrais être parée, depuis le temps, puisque c’est l’une des demandes les plus récurrentes. Je ne peux m’empêcher de penser qu’une frusque, un dessus de lit, une couleur, un bar, ou même une personne qu’on croise de loin en loin peut être sympa ; mais un livre ? est-ce que littérature est sympa ?
Mon problème avec « sympa », c’est que cela ne veut rien dire ; un demi-mot, un mot tronqué, qui est à contre-sens de son étymologie (participation à la souffrance d’autrui : la fête donc). C’est un mot mou, qui recouvre tout et n’importe quoi, à considérer comme un compliment ou une insulte.
Une fois passé le moment d’égarement, on passe à l’action, en ravalant ces considérations de linguistique. En parlant de livres sympas les gens cherchent quelque chose de léger et de drôle, et malheureusement il n’y en a pas des quantités faramineuses. La vérité est bien cruelle, le rire (dans un roman) est rare. D’ailleurs je profite de vous et vous mets à contribution sans vergogne ; si vous avez des titres sous le bras, vous êtes priés de les laisser dans les commentaires. En plus d’être rare, il est relatif. Il arrive que l’expression du poisson interloqué se transmette au client quand le libraire se lance dans une apologie d’une série noire particulièrement loufoque avec un gros lézard préhistorique qui rend fou tout une station balnéaire en diffusant des phéromones, et à la poursuite duquel se lance une gentille folle qui se prend pour Xena la guerrière et un sherif qui carbure aux pétards*. Personnellement cela me fait hurler de rire, mais j’admets que cela ne soit pas contagieux.
D’autre part le « sympa » genre divertissement genre « un livre qui ne prend pas la tête », c’est encore plus compliqué. Exit les sujets qui fâchent, la mort, les dénouements malheureux, les histoires d’amour qui finissent dans un bain de sang. Cela réduit franchement le corpus… allez savoir pourquoi la littérature contemporaine, comme la moderne ou l’antique, recèle d’une multitude d’histoires tristes. Poignantes, et pas forcément marrantes.
Et puis si un livre ne me prend pas la tête, je ne vois pas ce qu’il va me prendre. Par définition, il ne marquera pas son lecteur, alors à quoi s’en souvenir ? et si certains éditeurs se sont fait une profession de pondre des livres calibrés à ce dessein, on doutera que ces livres jetables (au pied de la lettre : pilonné ou épuisé, tel sera son court destin) rentre un jour dans la Pléiade. Pourquoi perdre son temps et son argent avec des quantités négligeables ?
Rhôôôôô mais qu’est-ce qu’ils sont rabat-joie ces libraires. Tout de suite ils veulent vous vendre une chronique sur un enfant né au goulag qui se retrouve dans un cirque à cause d’une difformité spectaculaire et qui finit lynché, accusé à tort, victime des préjugés, alors qu’il avait une âme de poète**. On veut un petit bouquin pour lire dans le métro et voilà le travail ; c’est comme me présenter une robe de soirée avec froufrous et paillettes quand je cherche juste un t-shirt pour faire du jogging.
Oui je sais. Je ne suis pas sympa. Merci pour le compliment.
* Cherchez.
** Cherchez pas.
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Sélectionné Par buveurs d'encre -- 14 septembre 2009

La réserve de la librairie : photo réalisée sans trucage.
« C’est tout ce que vous avez sur l’élevage des lapins nains/Cioran/ la poésie moldave ? » A cette question pluriquotidienne, la réponse est toujours la même « Oui, tout est en rayon ». Sauf que c’est faux. Vous voyez la petite porte au fond de la librairie, ornée d’une belle affiche représentant un coq, cadeau des éditions Picquier ? Eh bien, elle s’ouvre sur un monde merveilleux d’un tout petit peu moins de 5 mètres carrés: la réserve est son nom. A la réflexion, on ferait mieux de compter la réserve en mètres cubes, tellement il y a un peu de tout dans tous les coins. Donc, les 13 à 15 mètres cube de la réserve abritent un ordinateur, des toilettes, un évier (eau froide seulement, j’ai fait démonter la chaudière qui prenait trop de place), un escabeau, de quoi faire le ménage… et surtout des livres. En moyenne mille bouquins classés sur environ 15 mètres d’étagères, elles même réparties sur 5 niveaux, du sol au plafond.
Ces mille livres ne constituent pas le rayon caché sur l’élevage des lapins nains, qui serait dévoilé aux seuls clients privilégiés, déguisés pour l’occasion en Henri Salvador période ORTF, à l’issue d’un rituel initiatique tenu secret. Non, il s’agit plus banalement des exemplaires surnuméraires de titres qu’on espère bien vendre par piles entières. Si on excepte quelques trucs tellement pénibles et/ou chers à commander qu’on prend plusieurs exemplaires d’avance pour être tranquilles et une poignée de commandes lâchement abandonnées par les clients, invendables et pas retournables, qui prennent la poussière et finiront tôt ou tard à la poubelle (style l’histoire du ball-trap au Japon), le contenu de la réserve varie donc considérablement en fonction de la période de l’année. En ce moment, rentrée littéraire oblige, ce sont les romans qui ont la vedette, mais repassez dans deux mois, et les étagères seront pleines à craquer de lourds et beaux livres de fin d’année et le port du casque deviendra conseillé à défaut d’être obligatoire.
Car au milieu de tout foutoir, quatre personnes se relaient en permanence pour réceptionner les livres dont vous vous délecterez et retourner ceux qui n’ont pas eu l’heur de vous plaire. Précision importante : je ne sais pas ce qu’il en est dans les librairies autrichiennes, mais chez nous, la personne enfermée dans la réserve est toujours volontaire. La preuve, elle en émerge quand elle veut, à condition toutefois d’avoir terminé de réceptionner son carton (sinon, c’est le bordel).
Elle a beau être petite, glaciale l’hiver et pas très bien éclairée, nous aimons notre réserve d’un amour pur. Je connais quelques librairies de taille équivalente à la nôtre et qui en sont dépourvues et je me demande comment les infortunés libraires s’y retrouvent. D’ailleurs, en général, ils ne s’y retrouvent pas. On a toujours l’impression de débarquer 20 minutes après un cambriolage tellement il y a des cartons partout. Bref, la réserve est à la librairie ce que le réacteur est à la centrale nucléaire: le cœur de tout le processus. A tel point qu’aux nombreuses personnes désireuses d’ouvrir une librairie, etvqui viennent en pèlerinage cueillir les fruits de mon immense sagesse, je donne un seul conseil « Prévois une réserve et va en paix ». Avant de les congédier d’un geste las, et de me retirer dans la réserve.
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Sélectionné Par buveurs d'encre -- 07 septembre 2009

La vaste question de goût, de style et d'entraînement.
Si personnellement, je me pose beaucoup de questions, professionnellement, c’est le geyser permanent. C’est bien normal, dans un magasin, de poser des questions à l’employé qui n’attend que ça, qu’on vienne lui faire la causette. D’autant plus quand au mois d’août, on compte les clients sur les doigts d’une main. Du coup être soumis à la question, on ne demande que ça. Mais une question, cela demande une réponse, et là ça se corse. Le lot commun, le niveau brevet des collèges des libraires, est franchement jouable : « est-ce que vous avez J’attends un enfant de Laurence Pernoud ? », « Est-ce que vous pouvez me commander un guide touristique du Costa Rica ? », « est-ce que vous savez quand sort le prochain Camillieri ? » etc… Tout cela est bien facile, surtout quand on est aidé par Electre, le meilleur ami du libraire, l’infaillible et loyal logiciel, qui répertorie les catalogues de presque la totalité des éditeurs, vous informe des disponibilités et des modalités de commandes ; et avec de la chance il y a aussi les petites images des couvertures. Grâce à cette bonne vieille Electre, quand il suffit par exemple de taper « calculs biliaires », pour apprendre qu’il existe deux livres disponibles sur la question et les coordonnées des distributeurs à solliciter. Inutile de vous dire combien l’outil est précieux. Je reste admirative devant ces libraires qui s’en passent. Je reste aussi songeuse quant à savoir pourquoi ils ont choisi ce nom ; Electre, c’est la fille qui pousse son frère à buter leur mère parce qu’elle avait buté leur père parce qu’il avait lui-même tué leur fille, la sœur d’Electre. Le rapport entre un logiciel bibliographique et un personnage de la tragédie grecque qui incarne la colère et la vengeance ? Je n’ose penser qu’on sous-entend par là que les libraires et les bibliothécaires sont des fous furieux. Quand même pas.
Après tout c’est bien Œdipe qui répond aux énigmes du Sphinx, et pour en revenir aux questions qu’on pose en librairie, c’est parfois tout aussi coton. « - Qu’est-ce que vous pouvez me conseiller comme bande dessinée, s’il vous plaît ? mais je vous préviens tout de suite, je déteste la bande dessinée. » « - Auriez-vous des livres de psychologie ? C’est pour une amie qui va mal. » « - Je cherche un livre pour mon fils, sur Halloween, mais sans sorcière ni monstre ni quoi que ce soit d’effrayant car il est très peureux et fait des cauchemars. » « - Je cherche un livre pour un enfant qui n’aime pas les livres. » C’est à ce moment-là que le libraire se garde ses analyses de psy de comptoir et ses mythes grecs derrière le comptoir justement, et s’engage vaillamment dans une discussion paradoxale, car la réponse est rarement évidente, si réponse il y a, et on se demande même si c’était une question.
Dans un autre genre, pas forcément plus facile, il y a la question-défi, genre question pour un champion : top : « je cherche un livre pour la tante de ma femme, qui a un âge certain, ne peut lire que dans une édition avec un corps de caractère respectable, aime bien les romans d’amour, ou du terroir ; ou alors un livre sur la céramique, la porcelaine ou le jardinage. » Voilà le cas de figure où le libraire a besoin d’un instant de réflexion pour trouver quelque chose de pertinent. Top : « J’aime bien les romans policiers, mais pas gore, pas de viol pas de sexe, surtout pas contre les enfants ou les femmes. » Pas si évident, loin de là . Top : « Je cherche du polar lesbien scandinave. » Là ce n’est pas Electre qui me tirera de cette colle.
Et bien il faut parfois y réfléchir à deux fois, tourner sept fois sa langue dans sa bouche, et tâtonner un peu avant de trouver quelque chose qui corresponde, ou doucement amener un livre qui ne remplit pas forcément ni précisément le cahier des charges mais a de bonnes chances de convenir : ces demandes traduisent une envie précise, mais restent assez ouvertes quant à l’objet. Il arrive forcément qu’on se plante, et parfois dans les grandes largeurs : j’avais conseillé d’offrir à un amateur de polar noir et trash La Confrérie des mutilés (ça porte bien son nom) de Brian Evenson, roman très intéressant, mais franchement sanguinaire ; il est revenu avec, pas franchement convaincu par le quatrième de couverture, et un peu alarmé par cette cousine qui lui avait tendu l’objet du délit. J’admets, c’était quitte ou double ; je vous rassure, dans ces cas-là on procède à un échange pour préserver la paix des familles… mais tant que la librairie n’est pas complètement désertée, que certains clients reviennent même, on va encore continuer.
J’allais oublier mon type de questions préféré, les devinettes. On vous donne trois indices et vous devez retrouver un titre particulier. Exemple 1 : « C’est une série pour les ados, c’est en quatre volumes et il y a des vampires ». Facile. Exemple 2 : « J’en ai entendu parler à Télématin, c’est un livre de cuisine et c’est pas cher ». Vous avez de la chance, vous êtes la troisième personne qui m’en parle, du coup je vois ce que c’est. Exemple 3 : « C’est un roman français, c’est écrit par une femme, et ça parle d’amour. Et la couverture est blanche. » Aïe. Et quand les indications sont de seconde main et remontent à une époque antédiluvienne, la tâche s’avère ardue ; le libraire joue les Poirot, interroge à son tour et vaille que pourra, coffrera le livre en question.
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