F comme... FLEMME

Sélectionné Par buveurs d'encre -- 27 avril 2009







Qu'est ce que je peux faire, j'sais pas quoi faire...



Je ne sais pas comment vous êtes fait(e), mais moi, moins j’en fais, moins j’ai envie d’en faire. Et en cette période de vacances (*), vu le niveau d’activité, on ne peut pas dire qu’on frôle le nervous breakdown. « Mais de quoi ils se plaignent, ceux-là ? rétorquez-vous (ne dites pas le contraire, je vous ai vu rétorquer). Moi aussi j’aimerais pouvoir bouquiner sans avoir à me planquer les jours où je glandouille". Peut-être. Sauf que j’ai un gros problème pour un libraire. Impossible de bouquiner à la librairie. Quand je suis plongé dans ma lecture, j’aime bien qu’on me fiche la paix, C’est une attitude humaine et compréhensible, me direz-vous, mais aussi assez peu commerciale. Vous avez raison car le client a toujours raison. C’est chouette d’être client. Bon, j’essaie donc de m’abstenir et je me limite à Livres Hebdo (c’est le Voici des libraires) et aux suppléments littéraires, lectures dont j’arrive à m’extirper sans trop d’états d’âme et sans perdre mon légendaire sourire. Cela dit, au bout de la 8ème lecture, une fois qu’on est capable de le réciter par cœur à l’endroit et à l’envers, même le Monde des Livres perd un peu de son charme. Faut donc trouver autre chose que la lecture, car l’oisiveté est la mère de tous les vices. Surtout l’oisiveté des autres.


Mais en période de vacances, il semblerait que les neurones se soient faits la malle en même temps que les clients, car la seule idée qui me vient à l’esprit pour occuper le petit monde des Buveurs d’Encre est d’une affligeante banalité, tous les libraires vous le diront. Cela peut se résumer ainsi « Tiens si on faisait des retours ? ». Et hop, sitôt dit, sitôt fait. On vide les rayons, on déplace les livres, on les scanne, on les empile, on scotche, on stocke, et on se retrouve très vite avec 12 cartons qui nous forcent à onduler de la croupe et pratiquer une sorte de danse du ventre pour se déplacer dans la réserve. C’est peut-être esthétique (quoique dans mon cas j’en doute) mais c’est vite assez chiant. N’empêche que faire des retours, c’est une bonne fatigue et cela donne l’impression gratifiante de faire avancer les choses. Ah, saine jeunesse ! Sauf que si on continue à remplir des cartons à ce rythme, on va se retrouver avec une librairie vide à la fin des vacances, pile poil au moment du retour des hordes affamées de lectures. Ce qui n’est pas tout à fait le but escompté et révèlerait un singulier manque de vision managériale, tout mon contraire vous pensez bien. Va donc falloir trouver autre chose.


Et les filles, si on vérifiait les stocks, cela fait longtemps qu’on l’a pas fait ? (depuis la dernière période de glandouille, en fait). Faut dire que la vérification des stocks, c’est un peu l’équivalent de la revue de paquetage à l’échelle de la librairie, la partie mâle la plus croulante du lectorat, celle qui a fait l’armée, comprendra tout de suite ce que je veux dire. Les autres, hélas de plus en plus nombreux (**), doivent savoir que :


  • c’est une activité sans fin. Cela s’arrête quand le chef le décide et pas avant


  • c’est une activité frustrante et potentiellement conflictuelle. Quoi que vous fassiez, ce ne sera jamais parfait du premier coup. Vous allez forcément oublier de rectifier des erreurs de stock.


  • c’est une activité dont l’utilité est toute relative. Ben oui, il est plus là, le livre. Perdu ? Fauché ? Mauvaise manip ‘ ? On sait pas. Et maintenant on fait quoi ?



Non vraiment, la vérification de stock, c’est pas vraiment mon truc et je ne me vois pas passer le mois d’août la dessus. Si on avait plus de place, j’envisagerais bien l’achat d’une girafe. On passerait des heures heureuses à la peigner, on lui ferait de longues tresses, ce serait mignon. Mais bon, quelque chose me dit que ça va pas être possible. Tout compte fait, j’ai une meilleure idée, je vais me mettre en avance en écrivant un article pour le blog.


(*) au risque de vous décevoir, apprenez que vous n’êtes pas totalement en direct live. Ceci pour éviter d’éventuelles coupures d’alimentation dues à une trop forte activité. Ce qu’on est organisés, tout de même…


(**) hélas, pas pour cause de militarisme acharné, vous pensez bien, mais parce que ça me repousse dans le camp des vieux, un peu comme les repas de famille où on glisse au bout de la table, année après année. à ce genre de choses les jours Je sais, c’est dingue on croirait pas, mais c’est pourtant la triste vérité. Ah, suspendre des ans l’irréparable outrage…

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E comme... EVEILLE

Sélectionné Par buveurs d'encre -- 20 avril 2009







Le petit Ernesto, très en avance pour son âge, sur la plage de La Havane



Dans une librairie, on entre souvent pour faire un cadeau, et pourquoi pas à ces enfants qui grandissent dans un monde hostile et numérique. Un bon vieux lot de feuillets reliés, de la poésie, de jolies images, voilà ce qui leur faut à ces bons petits diables. Loin de moi l’idée de vous détromper. Mais lorsqu’il s’agit de décrire le destinataire du précieux livre, une expression vient quasi systématiquement à la bouche des clients : « C’est un enfant très éveillé. » Première hypothèse : une épidémie d’insomnie sévit dans les écoles maternelles, et on peut en venir à bout à coup de séries fleuve romanesques. Deuxième hypothèse : on enseigne le bouddhisme dès la crèche, et à la récréation entre camarades on fait la bodhi, on atteint l’éveil spirituel tel un Bouddha. Mais non, vous rassurera ce client, ni troubles du sommeil ni abolissement de la loi de 1905, il est seulement « en avance sur son âge ».

Sûr qu’à 3 ans, tu es prié d’être en avance, parce que tout de même, jouer avec des cubes quand on pourrait jouer du violon, c’est à la limite du régressif. Selon les statistiques internes de la librairie, à peu près 99% des enfants sont éveillés. La majorité est donc en avance, il existe apparemment peu d’enfants normaux, médiocres ou pire, bêtes. Mais d’un point de vue comptable, si la majorité est en avance, la moyenne l’est aussi, donc être en avance c’est être dans la moyenne, qui n’est définitivement pas si nulle que ça.

D’après une étude de terrain, cet éveil et cet avancement trouvent cependant leur limite vers 12 ans. Après l’effervescence de l’enfance, l’entrée dans l’adolescence semble se traduire par un endormissement et un amollissement du sujet. Finies les gambades enthousiastes dans la librairie, les livres qu’on porte à la bouche tellement on les aime et les conversations à cœur ouvert avec le libraire pour lui expliquer pourquoi les princesses et les fées sont des êtres hautement fascinants (« Mais tu comprends, c’est rôôôôse sa robe alors elle est gentille et belle et je voudrais être comme elle »). A partir de 12 ans, la mutation s’opère : les cheveux s’allongent, les phrases raccourcissent et le pas s’alourdit. Triste spectacle que ces parents qui remorquent un ado au mépris souverain. L’un d’eux refusant catégoriquement d’entrer dans notre sinistre échoppe, sa mère n’osant pas choisir pour lui, je dus lui présenter à travers la vitrine quelques modestes romans. Exercice périlleux : conseiller un livre sans parler, à l’aide de subtiles mimiques, à un ado en crise autistique. Où l’on prend conscience de ses propres limites.

De toute façon, on ne peut pas être en avance sur son âge toute sa vie. Si à 6 ans on fleure bon le génie précoce, qu'adviendra-t-il après ? A 15 ans on serait déjà mûr pour le mariage, à 20 ans pour la teinture, à 40 pour le déambulateur. « Je cherche un cadeau pour ma belle-mère, elle a une soixantaine d’années et elle est très en avance pour son âge. Vous auriez une idée ?- Une pelle ? »

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D comme... DISTRIBUTION

Sélectionné Par buveurs d'encre -- 14 avril 2009






Un distributeur en retard sur son temps




On distribue des bonbons, des claques et des livres ; et on diffuse du parfum, du savoir et du livre aussi. Le métalangage professionnel use de mots à sa manière, et en librairie, vous entendez le maître des lieux employer des mots que vous connaissez pourtant bien, mais qui ne correspondent pas forcément à ce que vous pensiez. Par exemple, il sort de son chapeau une excuse du genre « je suis désolé, votre livre n’est pas arrivé, le distributeur a du retard ». Et là vous imaginez une sorte de gros distributeur de friandises, ou de billets de banque, ou de tickets de métro, qui a dans le ventre des livres, et qui en plus a un cycle menstruel problématique. Alors clarifions les choses et répondons enfin à ce regard interrogateur de client pas bien convaincu par cette excuse : mais qu’est-ce qu’un distributeur de livres ?


Suspense. Roulement de tambour. Sueurs froides. Silence.


Réponse : le maillon logistique de la chaîne du livre.


Hum. Il semble que la lanterne ne reste que faiblement éclairée : quelques détails supplémentaires s’imposent pour que cette lanterne rayonne comme le phare d’Alexandrie. Attention, on se concentre. Un auteur écrit un manuscrit qu’il soumet à un éditeur, qui dit oui je le veux et qui assure la conception et la réalisation du livre avec l’aide d’un imprimeur. Et de 1. L’éditeur confie la diffusion, c’est-à-dire le faire-part de naissance du petit dernier, à une structure dont le réseau de commerciaux, les représentants, diffusent la bonne nouvelle auprès des points de vente de livre, en les inondant de bons de commande ou en venant prendre le café avec des libraires bavards. Et de 2. La commande est répercutée vers le distributeur, à savoir le grand entrepôt où les livres sont stockés. Des petites mains agiles vont ensuite chercher dans ce dédale les livres commandés, et de 3 et hop ! dans le carton. Carton qui passe entre les bras musclés du livreur, fait un petit tour de camion dans Paris et atterrit en librairie.


Le distributeur c’est donc un peu l’atelier du Père Noël, avec pleins de lutins qui galopent dans un labyrinthe de livres pour satisfaire chaque lubie de lecteurs. Certains vous diront que c’est plutôt l’usine, l’industrie de la culture, la culture industrialisée voire le diabolique grand capital. Mais rassurez-vous, vu la variété des éditeurs, il y a des distributeurs pour tous les goûts : vous n’imaginiez pas qu’il n’en existait qu’un seul tout de même. Des gros, des petits, des alternatifs, des lointains, des rapides, des langoureux … Certains sont même indécis et changent de nom tous les deux ans, histoire de vérifier si le libraire, et surtout son hippocampe, peuvent suivre. Pareil pour les éditeurs qui valsent avec un distributeur un temps puis vont voir ailleurs si l’entrepôt est plus vert. Et que dire de ces vicieux distributeurs qui prennent un malin plaisir à oublier de vous envoyer un carton de nouveautés où devrait se trouver, en quantité non négligeable, le dernier tome de la série de manga, attendu comme le messie par les 3/4 des 8-15 ans. C’est le libraire qui devient alors distributeur, à répéter à intervalles très rapprochés la terrible sentence : « le distributeur a du retard ».

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C comme... COMPTE D'AUTEUR

Sélectionné Par buveurs d'encre -- 06 avril 2009

crevettebig

Pour éditer ses trépidants récits de pêche à la crevette et son incroyable recette de l’omelette aux champignons, Le Floch a trouvé un éditeur. C’est toute la différence entre un « people » et vous ou moi, qui devrons recourir au compte d’auteur pour publier la même daube.

Il se passe rarement plus d’un mois sans que la chose se produise, et comme la dernière fois, c’était avant-hier, normalement je suis tranquille pour un moment. Ce qui me donne le recul nécessaire pour disserter sur le cauchemar récurrent commun à tous les libraires, j’ai nommé la visite de l’écrivain à compte d’auteur (ou pire, la visite de la grand-mère de l’auteur, et non hélas, je ne blague pas).

Commençons par un brin de pédagogie : Qu’est-ce que le compte d’auteur ? Eh bien, c’est pour dire les choses clairement, une escroquerie qui peut rapporter pas mal d’argent sans faire courir trop de risques. Le principe est simple : vous montez avec trois francs six sous une boîte que vous appelez « Editions Tartempion », et vous appâtez le chaland en vous payant des encadrés dans la presse, faisant savoir que les Editions Tartempion recherchent, selon la formule consacrée, « de nouveaux talents ». Sachez qu’un éditeur peut manquer d’argent, de temps, de discernement voire d’inspiration mais que JAMAIS, au grand jamais, il ne manquera de manuscrits. Bien au contraire, l’éditeur attire les manuscrits comme la vache attire les mouches. L’un d’eux m’a même avoué qu’il fuyait systématiquement toute personne faisant mine de l’aborder avec une enveloppe kraft sous le bras. C’est dire si un éditeur digne de ce nom est prêt à claquer de l’argent pour recevoir des manuscrits qui de toute manière atterriront sur son bureau. D’ailleurs, la prochaine fois que vous lirez à la page des annonces classées que les Editions de Minuit recherchent de nouveaux talents, faites-moi signe.

Une fois l’annonce passée, il n’y a plus qu’à attendre sagement. Si la chasse est bonne, ce sont plusieurs dizaines de pigeons qui vous seront bientôt livrés par la poste. Là, vous les rappelez un à un après avoir pris le soin d’éliminer les dingos. Vous assurez l’auteur de la qualité de son texte, vous lui demandez éventuellement de changer un truc ou deux (n’importe lesquels on s’en fout) histoire d’être crédible, et vous lui annoncez la bonne nouvelle : oui, vous êtes prêt à l’éditer, et plutôt deux fois qu’une tellement son texte vous a remué/questionné/passionné… Seulement voilà, les temps sont durs, et si la passion de l’édition est plus que jamais nécessaire, elle n’est malheureusement plus suffisante. En conséquence de quoi, il faut que l’auteur vous donne un coup de main en participant financièrement. Bien sûr, il recevra en contrepartie un certain nombre d’exemplaires qu’il a toute latitude de diffuser lui-même comme bon lui semble. En clair, vous lui faites payer au prix fort (parfois plusieurs milliers d’euro) la mise en page et l’impression de son manuscrit et vous le laissez se débrouiller pour placer les exemplaires étant donné que vous-même vous n’avez pas l’embryon du début de l’ombre d’un service de diffusion et aucune intention d’en créer un. De toute façon, le texte, vous l’avez à peine survolé, cela peut être la liste de courses de la tante de l’auteur ou un authentique chef-d’œuvre, cela ne fait aucune différence vu que votre truc, c’est d’imprimer n’importe quoi (mal en général) et de passer à la caisse..

Et c’est ainsi qu’après être passé entre vos mains de margoulin, l’auteur pointe son nez un beau matin aux Buveurs d’Encre ou dans toute autre librairie de quartier et découvre l’atroce réalité. Que son texte, personne ne l’attend. Pire que cela, personne n’en veut, et moi pas plus qu’un autre. J’ai en ce moment dans ma chambre cinq ou six livres qui se disputent mon attention, le dernier bouquin de Szabo, un américain que je ne connais pas mais dont Laurence la représentante du Seuil m’a dit le plus grand bien, plus deux nouveautés des éditions Attila, qui me tentent bien. Le dernier truc dont j’ai envie, c’est de me fader la lecture d’un texte qui a été refusé par douze mille éditeurs (des vrais, ceux là), texte dans lequel l’auteur a mis toute son âme et placé tous ses espoirs.

Je déteste ces moments là, où l’auteur attend ma réaction, d’une part parce que je n’aime pas faire de la peine si je peux l’éviter, d’autre part parce que je sais comment cela va se terminer. Vous avez déjà assisté à la scène du type qui revient à sa voiture une poignée de secondes après que la contractuelle lui a mis une prune ? Pathétique, hein… Eh bien, la visite de l’auteur auto édité présente de nombreuses similitudes. Intéressons-nous un instant aux principales phases de cette petite tragédie de la vie quotidienne.

Phase 1 : phase de Séduction, dite aussi de l’Amour Fou. L’auteur nous assure de l’excellence de notre réputation, de la qualité de notre assortiment. En plus, nous sommes très beaux et nous sentons bon.

Refus du libraire (qui n’est pas né de la dernière pluie). Argument: « nous ne prenons pas les livres édités à compte d’auteur » Rire de l’auteur devant une telle méprise. Argument : « Les éditions MACHIN, c’est tout sauf du compte d’auteur, j’ai simplement pris en charge une petite partie des frais, et j’ai un vrai contrat »

Phase 2 : phase de Supplication, ou « position du Chien Battu ». L’auteur s’étonne que nous puissions refuser un texte (le sien) que nous n’avons pas lu (argument a priori recevable)

Réponse du libraire : la qualité du texte n’est pas en cause. D’ailleurs A la recherche du temps perdu a d’abord été publié à compte d’auteur. (Chez Grasset, d’accord, mais quand même). C’est juste que nous sommes libraires, pas éditeur. Suivent quelques considérations sur les rôles respectifs de l’éditeur et du libraire.

Phase 3 : phase d’Enervement ou « posture du Grand Rejet ». L’auteur s’étonne que nous ayons l’outrecuidance de refuser un texte qui se trouve « Ã  la FNAC et sur AMAZON ».

Précision du libraire : trouver le livre référencé sur ces deux sites ne prouve rien de plus que le fait que le livre peut être commandé (après avoir été payé et sans possibilité d’échange) par toute personne ayant connaissance de l’existence dudit livre. Exactement comme dans toute librairie. C’est donc une prestation logistique, en aucun cas un travail de libraire. Le texte « n’existe pas ». Personne ne l’a lu, n’est capable de le situer, d’en parler.

Phase 4 : phase des Irréversibles Adieux. Ou l’auteur exprime son mépris, profère des insultes ou (plus rarement mais cela s’est vu) des menaces.

L’auteur nous assure de l’expression de son plus parfait mépris et de sa décision de s’adresser désormais à de vrais libraires. Les faux libraires prennent acte de sa décision avec soulagement.

Avec l’expérience qui vient, je me suis fait une raison. Sans adorer me faire traîner dans la boue, je n’en veux pas plus que cela à ces personnes qui, indépendamment de la qualité intrinsèque de leur travail, s’y sont profondément investi. On a parfois tellement envie d’y croire, qu’on est prêt à se laisser convaincre, c’est humain… Mais mettez-vous cela dans la tête une fois pour toute et surtout dites-le autour de vous UN EDITEUR NE DEMANDE JAMAIS D’ARGENT A SES AUTEURS. Il peut vous proposer un contrat qui vous donnera l’impression de vous faire dépouiller au coin d’un bois, mais c’est une autre affaire. Si l’idée est d’éditer pour un cercle familial élargi l’histoire de l’oncle Henri, ou un précis de pêche à la truite pour une association, allez plutôt voir Copy Top ou un imprimeur de quartier. Ils vous feront un travail sans doute moins cher et plus soigné, et surtout, ils ne vous feront pas miroiter la lune

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